GT3 - Manifeste du Véhicule Open Source

Reconnu comme un formidable levier d’accélération de l’innovation dans le numérique, l’open source tarde à s’imposer dans les autres secteurs. Or il constitue à l’évidence un modèle particulièrement pertinent pour répondre aux défis inédits et d’une ampleur considérable que pose aujourd’hui le passage à l’échelle de la mobilité électrique. Cette révolution, pour pouvoir être menée à bien rapidement et efficacement, suppose en effet un haut niveau de convergence de vues et de collaborations dans les moyens entre un très grand nombre d’acteurs, beaucoup n’étant d’ailleurs pas natifs du secteur de la mobilité. En mettant en commun, ressources, moyens et objectifs, les entreprises qui s’engagent dans l’open source minimisent le risque de l’échec individuel et démultiplient la portée de leurs efforts.

Dans cette communauté du Véhicule Open Source, nous avons choisi d’identifier le sujet de la sensibilisation à l’open source comme étant un sujet fondateur. Aussi, un groupe de travail à l’intérieur de la communauté s’est formé pour y travailler. Les objectifs de ce manifeste sont d’interpeler les destinataires et de les inviter à s’engager dans une démarche open source matérielle, en mettant en lumière les opportunités qu’elle recouvre à tous niveaux.

>> Découvrez le manifeste pour l’open source hardware dans le secteur de l’automobile - (disponible en version anglaise également)
>> Si vous souhaitez soutenir les idées de ce manifeste et souhaitez participer à la démarche autour du Véhicule Open Source, signez le manifeste (pour éditer le document, l’ouvrir en cliquant sur "ouvrir dans ONLYOFFICE)

[A venir] Ce manifeste sera bientôt ouvert à la modification sur github pour le rendre plus évolutif.

Ici, n’hésitez pas à partager vos réflexions sur l’Open Source et l’impact à prévoir, selon vous, sur la mobilité et notamment le marché de l’automobile.

Bon partage à vous !

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Réflexion de Valéry Cervantès (CEA) sur l’Open Hardware :
Je vous exprime mes réflexions concernant le domaine de pertinence de l’open-source ‘hardware’ comme c’est le cas du véhicule open-source, dans le cadre du GT3. En effet, je ne pense pas qu’il faille mettre en avant l’open-source comme LA solution générique à la mobilité, toutes applications confondues. Il nous faut convaincre des acteurs industriels qui ne sont pas acquis. Je plaide plutôt sur une approche ‘ciblée’ où la valeur ajoutée peut aisément être comprise (même si le champ de pertinence est certainement plus étendu).
Voici pour ma part des secteurs ou je pense que l’open-source hardware fait beaucoup de sens :

  • Les marchés caractérisés par une grande diversité et/ou de faibles volumes (en d’autres termes la ‘longue traine’). C’est déjà quelque chose de les constructeurs pratiquent plus ou moins consciemment. En effet ceux-ci s’appuient classiquement sur des carrossiers pour les applications les plus diversifiées et ouvrent leurs interfaces : on trouve ainsi sur le net les dimensions utiles aux carrossiers pour implanter des caisses sur camions, des aménagements intérieurs de bus, des applications sur VUL. Cette logique peut s’étendre à tous les domaines ou une diversification du produit peut être considérable.
  • Les développements technos en recherche d’établir un standard/ une norme/ une homologation sur une techno: le caractère open-source favorisant l’adoption rapide, un standard se crée de facto (exemple Arduino). Par exemple si on a à proposer un standard pour de la communication Li-Fi, une interface mécanique (raccord, accouplement, fixation), électrique (prise de charge, etc), il est à mon avis beaucoup plus efficace d’ouvrir que de breveter et de se battre dans son coin pour imposer son standard. De même un nouveau type de véhicule non prévu par les textes réglementaires se verra beaucoup plus facilement autorisé s’il est open-source et si des applications émergent spontanément de partout que si une approche pays par pays est tentée. Bref c’est un moyen de forcer la porte aux barrières règlementaires.
  • Les produits sensibles à de l’achat local/ de la fabrication locale (par exemple les marchés des collectivités). L’ouverture permet de solliciter des producteurs locaux (totalement ou partiellement) et permet de réaliser de la valeur ajoutée sur place pour favoriser la diffusion (ex les bus complet (built-up) sont vendus dans les marchés dominés par des constructeurs nationaux, pour les marchés ne présentant pas de constructeurs nationaux, souvent on vends des chassis aux interfaces ouvertes pour que des carrossiers locaux se les approprient).
  • Les domaines où l’écosystème est complexe : ceux où l’apport du monde universitaire ou de la recherche peut être conséquent , ceux où les parties prenantes sont nombreuses (impliquant par exemple une forte implication, y compris opérationnelle des autorités organisatrices, des opérateurs de transport, des utilisateurs finaux, des employeurs, voire du monde associatif ) de manière à faire émerger le meilleur écosystème. On peut alors faire émerger un écosystème aussi complet que celui des GAFAs mais plus adapté aux attentes locales. Les collectivités sont à mon avis là aussi un vecteur puissant de diffusion de l’open-source.
  • Les technologies dont la fiabilisation serait trop complexe/onéreuse sur la base d’une démarche conventionnelle (vente onéreuse + garantie) ; Si l’application le permet, la fiabilisation/amélioration peut être opérée par les utilisateurs, hors garantie. Par exemple de nombreux forums sur les modifications véhicules de collections, de carburants alternatifs (oliomobile), l’électronique (arduino) pratiquement spontanément de l’open-source hardware. Ceci peut peut-être s’étendre à d’autres domaines de la mobilité, dans la même logique.

Dans l’agriculture, « Tout est parti d’un agriculteur canadien, Brian Tischler, qui avait mis en ligne une première solution en open source. En France, les utilisateurs s’appuient sur le réseau Centipède de correction du signal GPS, entièrement gratuit. L’Oise compte trois bases (dont une sur un toit de Jean-Marie Noël), et la Somme au moins quatre à l’initiative de la Chambre d’agriculture. Chacune couvre une cinquantaine de kilomètres. » Dans l’Oise, des agriculteurs se sont transformés en geeks
Avec l’aide http://agrilab.unilasalle.fr/ un fablab dédié au matériel agricole : Le pré Fabriqué : L’autoconstruction de matériels agricoles – AgriLab, GPS RTK Libre – AgriLab
Et ils font de l’autoconstruction : Le pré Fabriqué : L’autoconstruction de matériels agricoles – AgriLab => voir avec eux les sujets homolo/validation ?
Sur notre wiki RTK Libre — Communauté de la Fabrique des Mobilites et Le Pré Fabriqué — Communauté de la Fabrique des Mobilites