Anecdote de terrain sur l'achat de véli dans un territoire rural

Je voulais partager une petite anecdote de terrain suite à un court séjour dans les Vosges la semaine dernière, qui m’a fait réfléchir aux conditions d’appropriation des vélis. À la suite de la fête de la mobilité rurale à Lamarche, la communauté de communes, avait voté (avant les élections) pour l’achat d’un véli. Au moment de passer à l’achat (après les élections), les chargés de mission ont finalement retenu, un véhicule de type La Bagnole ou Weez. Cependant, quand on leur a soumis cette proposition, les élus ont alors refusé l’achat pour une raison assez révélatrice: la collectivité avait auparavant mis une voiture sans permis à disposition, qui a été accidentée à plusieurs reprises. Cette expérience a été transposée aux vélis dans leur ensemble: «ce type de véhicule» est associé à un problème de sécurité et de responsabilité. L’achat a donc été abandonné. Et surtout, les chargés de mission n’ont pas eu l’occasion de reproposer un véli davantage inscrit dans la logique des modes actifs, qui aurait, dans mon hypothèse, ouvert une autre relation au véhicule: autre positionnement dans l’espace, autres usages, autre rapport à la conduite et peut-être aussi une autre forme de responsabilisation de l’usager. Ce qui me semble intéressant dans cette anecdote, c’est qu’elle montre que la difficulté à faire entrer les vélis dans les territoires ruraux n’est pas seulement une question de coût, de réglementation ou de caractéristiques techniques. À la place, ils ont acheté des vélos et un vélo cargo à assistance électrique. Ils ont donc par similarité interprété le véli à partir des objets de mobilité déjà connus. L’expérience d’une voiture sans permis accidentée a suffi à faire entrer les vélis dans la même catégorie mentale. Autrement dit, avant même de pouvoir expérimenter un véli, il faut réussir à défaire les catégories dans lesquelles on le range. Cela me fait aussi penser qu’il y a peut-être un vrai sujet autour de l’accompagnement à la vente et à la prescription des vélis: plutôt que de parler des vélis comme d’une catégorie homogène, faudrait-il mieux les segmenter sous forme de catalogue en fonction de ce que les acheteurs (particuliers, collectivités, entreprises) en attendent en termes de comportements, or dans leur esprit le vélo cargo induit un autre comportement (davantage vertueux) que le véli apparenté à la voiture sans permis. Et j’ai une autre intuition, encore à mettre à l’épreuve: les vélis qui s’inscrivent davantage dans la logique des modes actifs pourraient déplacer une partie de la responsabilité vers l’usager et, tout à fait paradoxalement, obliger les collectivités à prendre davantage leur part de responsabilité dans l’aménagement. Si l’on demande aux usagers d’adapter leur conduite, leur vitesse et leur manière de partager l’espace, il faut aussi leur donner un environnement dans lequel cette responsabilisation est réellement possible. Bref, une petite anecdote qui m’a donné matière à réflexion. Je tenais donc à vous la livrer un peu en vrac, car je serais très curieuse d’avoir votre regard là-dessus.

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Merci de ce retour. Très intéressant. Distinguer les vélis en deux catégories (avec ou sans assistance musculaire) m’apparait essentiel.

Dans ce cadre, d’un point de vue “acceptation” du “grand public”, je miserai mes économies plutôt sur le type Weez ou La Bagnole. Même si d’un point de vue “éthique” ma préférence va pour l’assistance musculaire.